Le premier mars 2005, la cour suprême des Etats-Unis a rendu publique une décision extrêmement importante : selon l’arrêt Roper contre Simmons, rendu à propos de Christopher Simmons, condamné à mort dans le Missouri pour un meurtre commis à 17 ans, il est désormais interdit d’exécuter un criminel qui avait moins de 18 ans au moment des faits qui lui sont reprochés.
Quelles conséquences ? Dans l’ensemble des Etats-Unis, tous les condamnés à mort qui étaient mineurs au moment des faits voient leur sentence cassée, et remplacée par une peine de prison à vie. Cela concerne ainsi 72 condamnés à mort, dont 29 au Texas, 14 en Alabama, 5 dans le Mississippi, 4 en Arizona, en Louisiane et en Caroline du Nord, 3 en Floride et en Caroline du Sud, 2 en Géorgie et en Pennsylvanie, un au Nevada et en Virginie.
C’est donc une excellente nouvelle, car John, qui avait 17 ans au moment du meurtre d’Elmer Rode, ne risque désormais plus du tout d’être exécuté.
Que devrait-il donc se passer pour lui ? Dans les semaines ou les mois qui viennent, il devrait être transféré dans le comté de Beaumont, où il a été condamné, pour se voir signifier par un juge que sa condamnation à mort est cassée et qu’il est condamné à la prison à perpétuité. Il devrait ensuite être transféré dans l’Unité Diagnostic, le temps que sa prison d’affectation finale soit décidée, puis enfin transféré dans cette nouvelle unité. La très bonne nouvelle, c’est qu’en sortant du couloir de la mort, il aura désormais droit à travailler, à suivre des cours, il aura des visites avec contact humain et non derrière une vitre… Ses conditions de vie vont donc nettement s’améliorer !!! Et il n’aura plus cette épée de Damoclès en permanence au-dessus de sa tête. Petite incertitude pour le moment : il n’y a aucun moyen de savoir où il sera transféré, ni d’influer sur ce choix, de sorte qu’il pourrait être envoyé aux confins de l’Etat, ce qui rendrait les visites de ses proches difficiles… Mais ne nous inquiétons pas à l’avance.
Le point noir en revanche, c’est que maintenant qu’il va sortir du couloir de la mort, John n’aura plus droit à un avocat commis d’office pour ses appels, il devra seul financer sa défense. Or John est innocent, et s’il ne peut payer un avocat compétent, s’il manque les dates limites pour déposer ses dossiers d’appels faute d’avoir pu engager un avocat pour s’occuper de son cas, il restera en prison peut-être jusqu’à la fin de ses jours. Nous devons donc continuer à nous mobiliser pour lui, car ce n’est pas parce qu’il ne risque plus de mourir qu’il faut le laisser à son triste sort. Et ce d’autant plus que, simple prisonnier, il risque d’attirer moins de soutiens nouveaux que quand il risquait l’injection létale.
La lutte continue donc !!!!
L’affaire : le 3 janvier 1995, John est arrêté pour le meurtre d’Elmer Rode, ancien doyen de l’université de Beaumont, commis juste avant Noël. La victime étant très connue, le meurtre fait grand bruit. John et son frère sont arrêtés. Les deux adolescents sont arrêtés sur la foi d’un témoin. John est mineur au moment de son arrestation, il a 17 ans. Suite à un accident de voiture à 16 ans, il est devenu dépendant des antalgiques, et boît souvent avec son grand-père. Le jour de l’arrestation, il a fumé de la marijuana. Sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, c’est à peine s’il est conscient lorsqu’il est emmené pour interrogatoire, et il signe sous la contrainte les aveux que la police rédige.
Les incohérences, injustices et zones d’ombre de la procédure :
- L’homme qui a dénoncé les deux frères avait été arrêté pour plusieurs crimes et était en libération conditionnelle. Le procureur a levé les charges qui pesaient contre lui et l’infraction à la libération conditionnelle, lui épargnant une possible condamnation à laprison à perpétuité en échange de son aide dans l’inculpation et la condamnation de John.
- Le témoin clef de l’accusation est un prisonnier à qui on a promis la libération en échange de son faux témoignage. La falsification est découverte, le témoin disparaît et aucune recherche pour le retrouver n’est lancée.
- Une lettre écrite à Elmer Rode par un prisonnier est cachée à la défense par l’accusation. Elle signifie à Elmer Rode qu’il devrait se méfier d’un homme nommé Sundown.
- 150 vidéos retrouvées au domicile de la victime sont détruites avant le début du procès.
- Plusieurs personnes ont entendu le témoin clef de l’accusation se vanter du crime ; ces témoignages ne seront pas pris en compte.
- Dans l’agenda d’Elmer Rode, la page concernant le mois précédant sa mort a été arrachée, mais on ne l’évoquera pas au procès.
- Lors de l’enquête, on trouve deux sacs de marijuana dans le congélateur de la victime. Plusieurs personnes déclarent avoir vu Elmer Rode se disputer avec un individu non identifié juste avant sa mort.
- Les empreintes et les cheveux retrouvés au domicile et sur le corps d’Elmer Rode sont comparés avec ceux de John : aucune similitude n’est trouvée.
- Les avocats commis d’office n’avaient jamais plaidé dans un procès en peine capitale auparavant.
L’arrestation de John
En 1994, vers la fin du mois de décembre, deux officiers de la police de Beaumont vinrent au domicile de mon arrière-grand-mère et me demandèrent de répondre à quelques questions. Au poste de police, ils m’ont demandé si je connaissais Elmer Rode ou si je savais quelque chose sur son assassinat. Je leur ai répondu que non. Ils m’ont alors posé plusieurs questions au sujet d’un dénommé Fisette avant de me ramener chez mon arrière-grand-mère.
Le 3 janvier 1995, j’étais chez mon arrière-grand-mère, chez qui je vivais avec ma femme. Je me suis réveillé vers 11 heures du matin. Mon arrière-grand-mère, ma sœur, mon grand-père et ma femme étaient là aussi. Une heure après m’être levé j’ai pris le médicament que je prenais depuis quelques mois et auquel j’étais devenu accro. J’ai eu un accident de voiture vers octobre 1994 et on m’avait prescrit quantité d’antalgiques et de somnifères. J’en prenais trop. Après avoir pris mon médicament, j’ai reçu un coup de fil m’invitant à une fête le jour-même, de sorte qu’ensuite je n’ai pris « que » deux cachets supplémentaires. A un moment de la matinée je suis allée dans le jardin fumer deux joints avec ma femme. J’avais aussi passé la matinée avec mon grand-père, alcoolique, qui vivait dans une aile de la maison, et bu du vin avec lui.
Vers une heure et demie de l’après-midi j’étais donc complètement ivre et drogué. Mon arrière-grand-mère m’a demandé d’aller nourrir mon chien. Je suis allé lui donner de l’eau dans un seau et lorsque j’ai levé les yeux, j’ai vu tout un tas de policiers, la plupart en vêtements civils, qui pointaient leurs armes sur moi. Ils se sont alors mis à courir à travers un champ à côté de la maison hurlant différents ordres, je me suis immobilisé. S’approchant de la grille d’environ deux mètres de haut qui entoure la maison, ils m’ont ordonné de m’en approcher, ce que j’ai fait, les mains en l’air. Ils m’ont alors fait mettre les mains sur la grille, puis ils m’ont menotté et quasiment tiré par-dessus la grille. Nous avons alors fait le tour de la maison, arrivant à l’endroit où j’avais mis l’eau du chien. Ils ont commencé à renverser les seaux d’eau, me demandant « où est l’arme, on t’a vu la jeter ». A ce moment-là j’étais terrifié, j’ai demandé ce qui se passait, pourquoi j’étais arrêté, ils m’ont répondu « Tu sais très bien pourquoi ». Ma femme et ma sœur hurlaient et criaient.
Mon arrière-grand-mère et mon grand-père sont alors sortis de la maison, alors qu’on m’entraînait vers l’allée. Mon chien est sorti derrière mon grand-père et a commencé à trotter vers moi. J’ai vu un policier armer son pistolet, et je lui ai crié de ne pas tirer, m’accroupissant pour que le chien s’arrête à moi et que ma femme puisse le saisir. Mais alors que je m’accroupissais le policier m’a poussé et a tiré sur notre chien devant tout le monde. Tout le monde s’est mis à hurler, j’ai vu mon arrière-grand-mère tomber. Les officiers m’ont saisi et poussé dans une voiture. A ce moment-là j’étais ivre, drogué, et complètement affolé en raison de toute la confusion qui régnait. Cela se passait environ une heure après avoir pris les cachets en plus, je commençais donc à subir de plein fouet l’effet des médicaments. Je voyais double et n’arrivait plus à parler. Ma femme avait couru à la voiture de police et tenté de me parler, elle a témoigné qu’elle n’avait rien compris de ce que je lui disais car j’étais complètement fait. Nous avions passé la journée ensemble, elle avait donc vu tout ce que j’avais pris et bu. La pharmacien a également décrit au procès les médicaments que je prenais et les effets qu’ils auraient sur moi si j’en abusais. Il a notamment déclaré que si une personne prenait trop de ces produits dans l’état où j’étais, cette personne serait sans aucun doute incohérente et se cognerait aux murs, s’endormirait ou s’évanouirait. Il a ajouté qu’une personne dans un tel état, qui ne pourrait aller dormir, ne serait en aucun cas dans son état normal.
La dernière chose dont je me souvienne, c’est d’avoir vu mon chien se faire tirer dessus et mon arrière-grand-mère s’évanouir. Je me souviens du temps passé au commissariat par bribes. Je me souviens que je n’arrêtais pas de demander à parler à mon père parce que j’étais désorienté et je ne savais pas quoi faire. Je me souviens avoir été enfermé dans une petite pièce pendant je ne sais combien de temps. Je me souviens que je pleurais et que je me penchais souvent pour mettre ma tête sur mes genoux car je voyais double. Tous ont témoigné que je n’arrêtais pas de réclamer mon père. Je n’avais que 17 ans à l’époque. Je me souviens que l’officier Steve Thrower m’a dit que je pourrais voir mon père quand nous aurions fini, il m’a dit de signer un papier et ensuite je pourrais voir mon père. Je ne me souviens pas d’avoir signé quoi que ce soit, mais je me rappelle l’arrivée de mon père et de ma belle-mère. Ma belle-mère pleurait et elle m’a serré dans ses bras, me demandait si je réalisais ce que j’avais signé. Et c’est tout ce dont je me souviens, jusqu’à mon réveil le lendemain dans la prison du comté.
Ce n’est que plus tard que j’ai découvert qui était l’officier Steve Thrower. Il a témoigné qu’il est venu seul m’interroger, qu’il a fermé la porte et que j’ai commencé à parler et qu’il a juste retranscrit tout ce que je disais. Et que j’étais calme, sensé, tout ce temps. Quel mensonge ! J’ai découvert qu’il était le père d’une fille avec laquelle j’ai eu des histoires au lycée. Nous étions dans la même classe à 14 ans. Elle était vierge quand nous avons commencé à nous voir et avoir des relations sexuelles. Un jour au lycée elle m’a demandé qu’on ait une véritable relation et je n’ai pas voulu. Je pense qu’elle en a été blessée et que son père a su l’histoire. J’ai été pas mal harcelé par la police après notre rupture. Je ne savais pas qui il était avant de me réveiller à la prison du comté. Et c’est lui qui est censé avoir reçu mes aveux quand nous étions seuls ensemble. Mais je sais que je n’ai pas dit ce qui figure dans les aveux.
En prison je me suis renseigné sur Elmer Rode. J’ai appris qu’il était homosexuel, qu’il s’en cachait, que de nombreuses cassettes vidéo avaient été trouvées chez lui, notamment le montrant avoir des relations sexuelles avec des mineurs. Les images avaient été prises par une caméra cachée. Une cassette montrait Elmer Rode avec le frère d’un homme qui est maintenant sénateur. Lors de mon procès en novembre 1996, cet homme était en pleine campagne pour ce siège. Le 6 novembre mon avocat avait parlé à un officier qui lui avait confirmé le contenu des cassettes. Or le 7, lors d’une audition, il est apparu que cet officier était parti en vacances juste après avoir parlé à mon avocat. La fameuse cassette n’a jamais été retrouvée et tout a été fait pour que je sois condamné à mort et rapidement !
Elmer Rode était très populaire à Beaumont, Texas. Il avait été pendant des années doyen des admissions et doyen du registre à l’université de Lamar. Il participait activement à une association très connue à Beaumont. Aussi avons-nous réclamé plusieurs fois que le procès se tienne ailleurs et à chaque fois le juge a refusé.
Le procès de John
Les noms des témoins ont été remplacés par X et Y pour des questions juridiques.
Il est apparu au procès que beaucoup d’éléments découverts par la police pouvaient me blanchir, mais aucune de ces pistes n’a été suivie. Je m’appuis sur les notes que j’ai prises au procès pour citer ces divers éléments.
Au début du deuxième jour de procès un juré est venu dire au juge que sa voiture avait été volée la nuit précédente et le juge a refusé de le retirer du jury. J’avais déjà eu deux débuts de procès interrompus avant celui-ci.
L’officier Lamb a collecté différentes empreintes digitales au domicile de la victime, Elmer Rode, ainsi que dans son camion. Il a témoigné qu’il les avait comparées aux empreintes de plusieurs personnes dont les miennes, sans pouvoir obtenir une concordance. Il a renoncé à trouver à qui elles appartenaient.
Selon le rapport d’autopsie, des cheveux ont été trouvés dans la poche du short porté par la victime, et à l’intérieur du short. Selon la police il y avait des traces de lutte. Les cheveux trouvés sur la victime ont été comparés aux miens sans succès. L’enquêteur n’a pas essayé de les comparer aux cheveux d’autres personnes, même pas de la victime.
Plusieurs objets ont disparu du bureau du shériff avant le procès. Ainsi, dans deux calendriers (l’un de poche, l’autre mural) récupérés au domicile d’Elmer Rode et à son bureau de l’Université de Lamar, manquaient le mois de décembre 1994, c’est-à-dire le dernier mois où la victime était en vie.
De la drogue, deux sacs de marijuana, a été trouvée dans le congélateur d’Elmer Rode.
Le technicien du commissariat de police de Beaumont a confisqué 150 cassettes vidéo trouvées au domicile de la victime. Elles ont toutes disparu, détruites avant que le procès ne commence.
Le témoin clé de l’accusation, X, avait été détenu dans une prison de Louisiane et était en libération conditionnelle pour plusieurs chefs d’accusation. Toutes les charges retenues contre lui (qui concernaient des crimes et non des délits) ont été abandonnées et il est sorti de prison le jour de mon arrestation, le 3 janvier 1995. L’accusation a tenté de cacher ces faits à la défense jusqu’à ce qu’on découvre que le procureur avait passé plusieurs coups de téléphone et envoyé un fax à l’officier supervisant sa libération conditionnelle ainsi qu’à la commission des grâces pour lever le mandat d’arrêt. Le procureur a nié avoir fait des tractations avec X. Y, l’homme qui était supposé fournir son alibi à ce témoin à charge, et qui soit disant était allé à la police de Beaumont juste après sa libération sous caution de Louisiane, pour dire aux policiers que ce dernier lui avait confié être impliqué dans un meurtre, n’a pas pu être localisé au moment du procès. L’accusation ne l’a pas appelé à la barre et il a été impossible à la défense de le retrouver. Nous avons demandé au juge d’interrompre le procès pour que nous puissions remettre la main sur cet homme dont le témoignage était vital pour prouver que l’accusation avait manipulé le principal témoin à charge, mais le juge a refusé.
C’était la seconde personne que le procureur escamotait. Un homme nommé Z avait été arrêté par la police et avait donné l’arme du crime supposée ainsi que des biens volés chez la victime. Il a ensuite été relâché et a témoigné qu’il avait acheté ces objets à mon frère. Il a d’abord restitué à la police un magnétoscope, puis le lendemain un pistolet et un second magnétoscope. Il a été prouvé ensuite que le pistolet était l’une des armes du crime ! L’accusation a caché les accords passés avec les témoins.
Nous avons appris ensuite que le procureur détenait une lettre qu’un homme avait écrit à Elmer Rode depuis une prison, lui conseillant de se méfier d’un dénommé (…). Lorsque nous avons appris tout ça mon avocat a d’abord demandé un abandon des charges contre moi, puis une interruption de procès pour complément d’enquête. Tout ceci a été refusé.
Plusieurs personnes ont entendu X se vanter du crime. Il y a également un affidavit d’un homme qui a travaillé avec lui lors d’une convention à Houston, Texas. Selon ce témoignage, X se serait vanté d’avoir trempé dans un meurtre commis à Beaumont.
Pendant le procès a été produite une note manuscrite, sans signature, mentionnant que « rien d’illégal ou de mal ne s’était produit au domicile d’Elmer Rode ». Un sergent de la police de Beaumont a témoigné l’avoir trouvé mais n’avoir fait aucune recherche graphologique pour découvrir qui l’avait écrite. Puis, je ne sais pas pourquoi, cette note a été escamotée et on n’en a plus parlé.
Un enquêteur a témoigné qu’il travaillait sur plusieurs pistes, grâce à des personnes qui disaient avoir vu un homme avec le camion de Monsieur Rode. Il enquêtait sur 7 personnes dont les noms figuraient dans un journal intime trouvé chez Monsieur Rode. Il a indiqué que toutes ces pistes avaient été abandonnées lorsque Y était venu au commissariat parler de ce que lui avait confié X. Il a dit que tous les enquêteurs étaient très contents que Y et son père soient venus raconter tout ça et qu’ils ont sauté sur cette piste. Le père du témoin connaissait tous ces enquêteurs car il tenait une petite étude à Beaumont. Après avoir reçu ce témoignage, les enquêteurs n’ont même pas vérifié les alibis des différentes personnes sur lesquelles ils travaillaient. En gros ils ont laissé tombé toutes les pistes pour se concentrer sur une seule, celle d’un pauvre gosse de 17 ans dont ils savaient qu’il n’avait aucun moyen de les combattre ou de se défendre contre leurs agissements. De plus, 10 jours s’étaient écoulés depuis la découverte du corps et la police subissait beaucoup de pressions notamment des habitants.
La police a fait passer plusieurs suspects au détecteur de mensonge et ils ont échoué, mais comme après ils ont concentré tous leurs efforts sur mon frère et moi ils n’ont pas continué à enquêter sur eux.
Voici, sommairement décrits, quelques éléments de mon procès. J’ai été ainsi reconnu coupable et condamné à mort après un procès injuste et biaisé, mais ça ne s’est pas arrêté là. Pour mon appel direct la cour a commis d’office un avocat qui était engagé sur un autre procès comme procureur spécial, et qui requérait activement la peine de mort dans ce procès.
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